vendredi 1 décembre 2017

OXYLANE, SAISON II

Linotte Mélodieuse
 espèce protégée présente
 sur Les Arrachis et Pistole     


Notre blog, vieux coucou (cuculus canorus) rescapé de la dernière guerre contre un Village Oxylane à Saint-Jean-de-Braye, reprend du service. 

En état de veille depuis 2019, SPLF45 se réunit chaque été à la Bissonnerie où le vol et le chant des alouettes accueillent joyeusement ses apéros sur l'herbe.

Quand la nouvelle est tombée brusquement  : la Bissonnerie allait devenir une zone de compensation - renommée oxylane -  pour l'artificialisation de 19,50 ha de zones humides à Marigny-les-Usages !  
 

 

  

D'une pierre deux coups

La Métropole a demandé l'autorisation environnementale - accordée par la Préfète du Loiret le 15 avril 2026 - pour un projet qui lui permettra de bétonner près de 20 hectares de zones humides à Marigny-les-Usages tout en utilisant à des fins compensatoires le site oxylane, gelé pour la construction : en effet 9 ha y sont reconnus comme zone humide grâce à l'action de SPLF45. 

Un manque à gagner foncier intolérable pour une Métropole inconsolable.  

La science pédologique à géométrie variable du Maire de Boigny

 Durant la réunion de clôture de la consultation publique, le Maire de Boigny a affirmé :

  • Les zones humides de Marigny-les-Usages  ne sont pas de "vraies" zones humides. Ce sont des terres agricoles qui, délaissées, sont devenues des zones humides. 
  • Les 11 ha de zones compensatoires d'oxylane et SIBBCA, non reconnues zones humides par l'administration, sont selon lui des zones anciennement humides qui ne demandent qu'à se regorger d'eau à nouveau. 

A Marigny-les-Usages :  des zones humides, mais anciennement non humides.
A Saint-Jean-de-Braye : des zones non humides, mais anciennement humides. 

Comprenne qui pourra.

Un président de la Métropole chantre du combat pour la biodiversité

Nous avions laissé Serge Grouard en 2019,  lorsqu'il n'était plus qu'adjoint au maire d'Orléans, chargé de la stratégie métropolitaine.

Lors d'un conseil métropolitain, il avait agité un tract co-signé par SPLF45 en s'écriant  : "Comment? Je lis que le Scot va artificialiser 845 ha ! Mais nous allons tous crever !!"
Revenu aux manettes de la Mairie d'Orléans et de la Métropole, il a inauguré en 2021  le Muséum d'Orléans pour la Biodiversité et l'Environnement (MOBE), l'une des réalisations emblématiques de ses mandats.

Nous étions en droit d'espérer que sa politique d'aménagement pour Orléans Métropole suivrait.

Or le projet de la Métropole va sacrifier de façon irréversible 20 ha de zones humides et nuire à la biodiversité puisque le site est fréquenté par de nombreuses espèces protégées.

L'arrêté préfectoral portant autorisation environnementale pour le projet d'aménagement  les Arrachis et Pistole à Marigny-les-Usages ayant été signé le 15 avril 2026, les associations SPLF45 et Eau Secours 45 ont déposé conjointement un recours au tribunal administratif le 28 mai 2026. 

Eviter, réduire, compenser : comment la métropole évite...de compenser 

Alors que nous étions sur le point de déposer le recours, nos deux associations ont reçu une invitation surprise pour la présentation de l'aménagement de la ZAC 3 et d'une entreprise vertueuse souhaitant s'y installer. 

La Métropole découvre soudainement  les vertus de la discussion, elle qui est restée muette durant toute la durée de la consultation.

Certaines voix nous ont par ailleurs 
fortement incité à renoncer au dépôt du recours, usant de la carotte et du bâton.

Il nous a été rappelé les opérations de restauration du cours de la Bionne avant le projet d'aménagement de la ZAC 3.

Et il nous est garanti qu'à l'avenir la Métropole continuera de financer des entreprises ou des associations oeuvrant à la restauration des cours d'eau.

Nous sommes naturellement favorables aux opérations de restauration des milieux aquatiques du territoire. Toutefois, ces actions, aussi pertinentes soient-elles, ne se substituent aucunement aux obligations de compensation attachées au projet autorisé. 

La restauration - passée et à venir - du cours des rivières ne vient pas en compensation des 20 ha de zones humides détruits par ailleurs. 

Que la Métropole mène des actions parfaitement contradictoires est plutôt le signe de l'incohérence profonde de sa politique d'aménagement.

Notre recours porte sur la légalité de l'arrêté et sur le respect des prescriptions du SAGE, du SDAGE et de la séquence ERC. En l'absence de modification de l'autorisation ou de mesures compensatoires conformes aux exigences réglementaires, nous ne pouvons considérer que les assurances qui nous sont faites répondent aux irrégularités que nous avons soulevées.

A venir : 

Le communiqué de Presse  sur le recours.

Pour en savoir plus :

Les enfants du paradis (un article de SPLF45 daté du 29 mai 2019)

Quand Serge Grouard brandissait un tract de SPLF45 pour pourfendre le SCOT de la Métropole : 


https://splf45.blogspot.com/2019/05/les-enfants-du-paradis.html


 

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