mercredi 18 avril 2018

Non aux 28 terrains de football à Marigny Les Usages !

 

Triton crété (Triturus cristatus)
Présent sur le secteur
Pourquoi parler de la réalisation de 28 terrains de football sur les 19,5 ha de zones humides des Arrachis et Pistole ? 
Tout le monde sait que tel n'est pas le projet de la Métropole qui promet d'attirer sur le secteur de nombreuses entreprises, bijoux de technologie verte et créatrices d'emplois.


 

Et pourtant...

Dans un article publié en octobre 2025, la revue Sciences et Vie rend compte d'une enquête transnationale qui établit la chose suivante : 

Chaque jour, l'équivalent de 600 terrains de football disparaissent sous le béton! L'Europe sacrifie la nature et compromet son avenir.

La surface d'un terrain de football étant d'environ 7000 m2, le projet de la Métropole destine l'équivalent de 28 terrains de football à une artificialisation irréversible.

La Métropole préfère parler en termes d'entreprises vertueuses que de terrains de football. Cela fait plus sérieux. 

Parlons donc entreprises

A/ Les entreprises annoncées par le projet
 

Pendant la consultation publique la Métropole a prétendu que de nombreuses entreprises souhaitaient s'installer, refusant de dévoiler leur identité pour raison de secret des affaires. 

Dès qu'une entreprise a signé une convention avec la Métropole ou avec la mairie de Marigny Les Usages, ce n'est pas enfreindre le secret des affaires que d'en faire état publiquement. Aucune information sensible dans une telle annonce.

Le guichet unique de la Métropole permet de constater qu'une une seule entreprise a déposé le 5 mars 2026 une demande  de permis de construire pour un incubateur cosmétique : la SCI L3F. 

Cette entreprise est-elle vertueuse et sans risques pour l'environnement?

Nous pouvons en douter :

  • son installation exige le sacrifice de 7,6 ha de zones humides 
  • cette entreprise est une Installation Classée  pour la Protection de l'Environnement (ICPE) c'est à dire présentant des risques graves pour l'environnement.
Selon une fiche du CEREMA (lire dans Pour en savoir plus) : 

La réglementation ICPE repose essentiellement sur 3 régimes distincts, selon l'importance des dangers et inconvénients que représentent  ces installations :

    •   l'autorisation, applicable aux installations qui  présentent de graves dangers ou inconvénients pour les enjeux rappelés ci-dessus (santé, sécurité et salubrité publiques, protection de l'environnement, etc.) ;

    •   l’enregistrement, une forme d'autorisation simplifiée applicable à des installations qui présentent des dangers ou inconvénients graves pour ces mêmes enjeux mais pour lesquelles ces dangers et inconvénients peuvent, en principe, être prévenus grâce au respect de certaines prescriptions ;

    •   et la déclaration, applicable à des installations qui ne présentent pas ces graves dangers ou inconvénients mais qui doivent néanmoins respecter des prescriptions générales au regard des enjeux rappelés ci-avant.

Lors du dépôt de son dossier, une entreprise ITCE sollicite un régime (déclaration, enregistrement ou autorisation). Au cours de l'instruction, l'administration examine si les incidences potentielles du projet, notamment sur l'environnement ou la santé publique, justifient une procédure plus approfondie. Le préfet peut ainsi décider qu'un projet initialement présenté sous le régime de l'enregistrement sera instruit selon le régime de l'autorisation environnementale.

Un avis de consultation publique concernant l'enregistrement de la SCI L3F est apparu
fugacement sur les sites de la Préfecture et de la Mairie de Marigny Les Usages puis a été retiré rapidement. 

Un problème ?  

Un nombre important d'emplois créés ? 

C'est toujours en raison de la création d'emplois (et non des dividendes créés) que les atteintes à l'environnement sont justifiées. 
 

L'étude d'impact est muette sur la question. C'est seulement dans le mémoire en réponse aux observations du public, en page 3, que des informations sont lâchées : 

Enfin, concernant le nombre d’emplois attendus, l’étude d’impact, dans l’évaluation des incidences sur la consommation en eau potable, estime à 248 le nombre d’emplois supplémentaires potentiels. Ce chiffre résulte de l’application d’un ratio fondé sur la surface aménagée rapportée à une moyenne du nombre d’emplois générés.

 Rapportés aux 19,5 ha de zones humides consommées, nous obtenons une densité de 12,7 emplois/ha ce qui est très faible pour un parc technologique (30 à 80 emplois/ha habituellement) .

L'objectif de sobriété foncière n'est absolument pas respectée avec un pareil ratio.Ce qui constitue en soi une atteinte à l'environnement.

B/ La présence d'une entreprise déjà réalisée sur le périmètre autorisé

On l'aurait presque oublié mais il y a déjà une entreprise implantée au sein  de ce périmètre : la Centrale Biogaz de Lugère - le méthaniseur - classée sous le régime de l'enregistrement.

Ce méthaniseur est installé depuis 2019 sur un périmètre de 2,5 ha.

Maître Le Briero, notre avocat, a déposé le 25 juin 2026 un mémoire complémentaire qui revient sur l'insuffisance de l'analyse des effets cumulés, notamment ceux dus à cette installation.  

L'étude d'impact mentionne la présence du méthaniseur sans se livrer à une analyse poussée de ses  interactions avec le projet autorisé.
Il est d'autant plus important de signaler cette lacune qu'un accident est survenu le 24 janvier 2026 sur cette intallation pour laquelle les risques graves étaient en principe contenus, soit trois mois avant l'autorisation environnementale.

Lire dans "Pour en savoir plus" le rapport du BARPI (Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions Industriels) sur cet accident. 

Nous ajouterons que le méthaniseur est un sujet d'insatisfactions pour le voisinage en raison des odeurs et de son impact sur le paysage. 

La ZAC 3 devait attirer les entreprises pour son cadre champêtre, c'est mal parti... 

 

Pour en savoir plus :

L'Europe sacrifie la nature et compromet son avenir 

Lire l'article de Science et Vie

L'IPCE : l'Installation Classée Pour l'Environnement : 
Lire ICI

Rapport du BARPI (Bureau d'analyse des Risques et Pollutions Industriels) 
Rejet de biogaz à la suite d’une rupture du gazomètre dans une installation de méthanisation à Marigny Les usages

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