lundi 1 janvier 2018

Oxylane, saison 2

Linotte Mélodieuse - Marigny-les-Usages    

 

 Notre blog, vieux coucou (cuculus canorus) de la dernière guerre contre un Village Oxylane à Saint-Jean-de-Braye, reprend du service. 
En état de veille depuis 2019, SPLF45 se réunit chaque été à la Bissonnerie où le vol et le chant des alouettes accueillent joyeusement ses apéros sur l'herbe.
Quand la nouvelle est tombée brusquement  : la Bissonnerie allait devenir une zone de compensation - renommée oxylane -  pour l'artificialisation de 19,50 ha de zones humides à Marigny-les-Usages !  
 

 

  

D'une pierre deux coups

La Métropole a demandé l'autorisation environnementale - accordée par la Préfète du Loiret le 15 avril 2026 - pour un projet qui lui permettra de bétonner près de 20 hectares de zones humides à Marigny-les-Usages tout en utilisant à des fins compensatoires le site oxylane, gelé pour la construction : en effet 9 ha y sont reconnus comme zone humide grâce à l'action de SPLF45. 

Un manque à gagner foncier intolérable pour une Métropole inconsolable.  

La science pédologique à géométrie variable du Maire de Boigny

 Durant la réunion de clôture de la consultation publique, le Maire de Boigny a affirmé :

  • Les zones humides de Marigny-les-Usages  ne sont pas de "vraies" zones humides. Ce sont des terres agricoles qui, délaissées, sont devenues des zones humides. 
  • Les 11 ha de zones compensatoires d'oxylane et SIBBCA, non reconnues zones humides par l'administration, sont selon lui des zones anciennement humides qui ne demandent qu'à se regorger d'eau à nouveau. 

A Marigny-les-Usages :  des zones humides, mais anciennement non humides.
A Saint-Jean-de-Braye : des zones non humides, mais anciennement humides. 

Comprenne qui pourra.

Le président de la Métropole chantre du combat pour la biodiversité

Nous avions laissé Serge Grouard en 2019 lorsqu'il était dans l'opposition.
Lors d'un conseil métropolitain, il avait brandi un tract co-signé par SPLF45 en s'écriant  : "Comment? Je lis que le Scot va artificialiser 845 ha ! Mais nous allons tous crever !!"
Revenu aux manettes de la Mairie d'Orléans et de la Métropole, nous devons au nouveau maire un très beau Muséum d'Orléans pour la Biodiversité et l'Environnement (MOBE).
Nous nous sentions en droit d'espérer que sa politique d'aménagement pour Orléans Métropole suivrait.

Le projet de la Métropole va sacrifier de façon irréversible 20 ha de zones humides et nuire à la biodiversité puisque le site est fréquenté par de nombreuses espèces protégées.

Vers un marché des crédits de renaturation? 

Certaines voix à la Métropole mettent en avant le travail qui a été effectué pour restaurer le cours de la Bionne (débusage, restauration des berges, des prairies) et regrettent que cette renaturation n'entre pas dans la compensation.

S'ils le pouvaient, ils financeraient des associations ou des organismes de restauration des cours d'eau pour compenser l'artificialisation des 20 ha de zones humides à Marigny-les-Usages.

Cette idée ne correspond pas au cadre réglementaire en France. Aujourd’hui, la restauration de rivières ne peut pas être utilisée pour compenser la destruction de zones humides dans un projet d’aménagement.

Lorsqu’un milieu naturel est détruit, il doit être remplacé par un milieu de même nature et de fonctions équivalentes, généralement à proximité du site concerné. On ne peut donc pas compenser une zone humide urbanisée par la restauration d’une rivière ailleurs sur le territoire.

Les travaux de renaturation des cours d’eau, comme ceux réalisés sur la Bionne, visent à améliorer la qualité de l’eau, à restaurer la biodiversité et à redonner au cours d’eau un fonctionnement plus naturel. Ils ne relèvent pas de la compensation des projets d’aménagement.

C’est pourquoi les schémas de gestion de l’eau ne prévoient pas de lien direct entre ces deux types d’actions. Une zone humide détruite et une rivière restaurée ne sont pas considérées comme équivalentes, car elles ne rendent pas les mêmes services à l’environnement, ni au même endroit.

Les actions de destruction de zones humides d'une part et de restauration d'une rivière d'autre part n'ont pas de lien direct, elles sont simplement l'expression d'une incohérence profonde de la politique d'aménagement.

Il n’existe donc pas aujourd’hui en France de système comparable aux crédits carbone qui permettrait de transformer des projets de renaturation en « crédits » utilisables pour compenser légalement l’artificialisation des sols.

L''arrêté préfectoral portant autorisation environnementale pour le projet d'aménagement  les Arrachis et Pistole à Marigny-les-Usages ayant été signé le 15 avril 2026, les associations SPLF45 et Eau Secours 45 ont déposé conjointement un recours au tribunal administratif le 28 mai 2026.

Communiqué de Presse à venir sur le recours.

Pour en savoir plus :

Les enfants du paradis (l' article de SPLF45 du 29 mai 2019)

Quand Serge Grouard brandissait un tract de SPLF45 pour pourfendre le SCOT de la Métropole : 


https://splf45.blogspot.com/2019/05/les-enfants-du-paradis.html


 

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